Les grands profils du TSA : ce que montrent les connaissances actuelles
- Autisme avec ou sans déficience intellectuelle
- Syndrome d’Asperger (désormais intégré au TSA)
- Autisme non-verbal ou minimal verbal
- Autisme dit « de haut niveau » (terme en voie d’abandon, mais encore fréquemment utilisé)
- Profils spécifiques ou atypiques
1. Autisme avec déficience intellectuelle : caractéristiques majeures
Environ un tiers des personnes diagnostiquées avec un TSA présente aussi une déficience intellectuelle, selon l’Institut Pasteur (2021). Chez ces enfants ou adultes, on observe non seulement des difficultés dans la communication sociale et des comportements répétitifs, mais aussi un QI inférieur à 70. Cela se répercute sur l’autonomie, l’apprentissage et la vie quotidienne.
- Développent plus tardivement – ou pas du tout – le langage verbal
- Ont besoin de soutiens éducatifs, paramédicaux et parfois médicaux constants
- Sont plus vulnérables vis-à-vis de l’isolement social ou des situations de maltraitance
Fort heureusement, chaque profil d'autisme avec déficience intellectuelle présente également des forces : une mémoire visuelle développée, des goûts affirmés, une sensibilité à la musique ou à l’art, etc.
2. Syndromes d’Asperger : rigueur intellectuelle et subtilités relationnelles
Ce terme, officiellement abandonné au profit du spectre général, reste populaire. Il renvoie à des personnes ayant :
- Un QI linguistique dans la norme ou supérieur
- De grandes difficultés dans la communication non-verbale, la « lecture implicite » des relations sociales
- Des intérêts restreints, intenses, parfois très spécialisés
On estime à 160 000 le nombre de personnes en France qui relèvent ou ont relevé de ce profil (HAS, 2018). Beaucoup ne sont diagnostiquées qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte, notamment chez les filles, dont le camouflage social retarde parfois le repérage des particularités.
Les spécialistes s’accordent à dire que ces profils bénéficient souvent d’un accompagnement sur la gestion du stress, des relations, de l’organisation quotidienne, plus que sur le plan cognitif strict (source : INSERM, 2019).
3. Autisme non-verbal ou minimal verbal : une autre forme de communication
15 à 25 % des personnes autistes sont considérées comme « non-verbales » ou « minimal-verbal » (source : CDC, 2023). Cela ne signifie pas absence de compréhension, mais une incapacité partielle ou totale à utiliser la parole pour s’exprimer. D’autres modes de communication se développent et doivent être soutenus :
- Langue des signes, pictogrammes, tablettes de communication
- Comportements moteurs, gestes, regards pour communiquer besoins et ressentis
- Émotions ressenties et exprimées à travers comportements qui peuvent désarçonner (colères, refus, évitements, etc.)
Le diagnostic est parfois rendu plus difficile par l’impossibilité de « questionner » la personne, ce qui retarde la mise en place d’aides ciblées.
4. TSA « de haut niveau » : autonomie en trompe-l’œil ?
Ce terme, lui aussi en perte de vitesse, désigne les personnes dont le fonctionnement intellectuel est dans la norme ou supérieur mais qui présentent tous les critères du TSA. On croit parfois, à tort, que ces personnes n’ont pas besoin de soutien. Pourtant :
- La vie scolaire, professionnelle et sociale est semée de défis invisibles : anxiété, fatigue, incompréhension dans les interactions, surcharge sensorielle
- Des stratégies de « camouflages » sociales sont fréquemment utilisées, épuisantes, et source d’isolement
- Le risque de dépression ou d’effondrement psychique à l’âge adulte est plus élevé si le diagnostic est trop tardif ou si l’entourage minimise les besoins
De plus en plus d’adultes reçoivent un diagnostic de TSA tardif, parfois après des années d’errance (HAS, 2022).
5. Profils atypiques ou « frange du spectre »
Certains enfants ou adultes présentent une partie seulement des signes du TSA, ou bien des signes qui évoluent hors des cases habituelles. Il peut s’agir :
- D’autisme à début tardif (signes qui émergent après 3 ans)
- De personnes présentant des déficits sociaux et des intérêts restreints, mais non suffisamment marqués pour un diagnostic clair
- De femmes et filles qui « masquent » très efficacement leurs particularités (source : Baron-Cohen, 2017)
Ces profils rendent le diagnostic complexe. Ils réclament une attention toute particulière car le risque est grand de passer à côté du soutien adapté.