Évaluation pluridisciplinaire et outils utilisés
Le diagnostic des TCA ne relève jamais d’une simple consultation. Il exige une approche pluridisciplinaire, autant pour la sécurité de la personne que pour la pertinence de la prise en charge. Au CMP ou à l’hôpital de jour, différentes évaluations sont menées pendant plusieurs rendez-vous.
Les professionnels impliqués
- Psychiatre : pour établir ou non le diagnostic médical et initier une prise en charge adaptée
- Psychologue : pour l’évaluation fine du fonctionnement psychique et relationnel
- Infirmier(e) : pour l’accompagnement dans la vie quotidienne, la surveillance somatique…
- Travailleur social / assistant(e) social(e) : pour évaluer l’impact familial, scolaire ou professionnel
- Nutritionniste ou diététicien(ne) : dans certains centres, il complète le regard médical sur la situation nutritionnelle
Entretiens cliniques et questionnaires
L’outil principal reste l’entretien clinique : le dialogue. Il permet d’aborder de nombreux aspects sur plusieurs séances :
- La perception corporelle
- Les comportements alimentaires (restrictions, crises, compulsions, vomissements...)
- L’histoire du trouble et ses origines possibles
- Le rapport à l’entourage
Des questionnaires standardisés peuvent être utilisés comme l’EAT-26 (Eating Attitudes Test), l’SCOFF (5 questions simples pour dépister un risque de TCA, validé par la Haute Autorité de Santé) ou le BSQ (Body Shape Questionnaire). Ces outils ne donnent jamais seuls le diagnostic, mais permettent de repérer des indices et d’affiner la démarche du clinicien (HAS).
Évaluation somatique, indispensable à chaque étape
L’approche médicale est essentielle. En CMP comme à l’hôpital de jour, une consultation avec un médecin (généraliste ou psychiatre) vise à rechercher activement des complications somatiques. Les TCA, même légers en apparence, peuvent entraîner des conséquences graves :
- carences en vitamines et oligo-éléments
- troubles endocriniens (aménorrhée chez l’adolescente, troubles de la croissance…)
- troubles cardio-vasculaires (risque de mort subite notamment dans l’anorexie restrictive)
Un examen médical complet a donc systématiquement lieu (IMC, tension artérielle, pouls, recherche de signes de dénutrition ou de complications) et oriente éventuellement vers des examens complémentaires : bilan sanguin, électrocardiogramme, voire hospitalisation directe si l’état le nécessite.