L’hérédité et les vulnérabilités biologiques
La génétique joue un rôle certain dans la dépression. Le risque de développer un trouble dépressif double, voire triple, lorsqu’un parent du premier degré (père, mère, frère ou sœur) a souffert de dépression au cours de sa vie. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une transmission automatique : il existe plutôt une prédisposition, une sensibilité accrue, qui se combinera à d’autres facteurs.
Certaines régions du génome ont été identifiées comme plus fréquemment associées au risque de dépression, sans qu’un gène unique ne soit en cause. Il s’agit d’interactions complexes entre de nombreux gènes et l’environnement (stress, traumatismes, mode de vie…), ce qui explique pourquoi certains membres d’une même famille n’en seront jamais atteints.
Mais l’hérédité ne fait pas tout : les aspects biologiques sont également importants. Plusieurs éléments sont étudiés :
- Déséquilibres neurochimiques : en particulier, certains neurotransmetteurs du cerveau comme la sérotonine, la dopamine ou la noradrénaline, dont la modulation est connue pour influencer l’humeur.
- Réaction anormale au stress : des modifications de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (une chaîne d’organes impliqués dans la gestion du stress) ont été observées chez de nombreuses personnes dépressives. Cette dérégulation pourrait rendre l’organisme plus vulnérable à la survenue d’un épisode dépressif en cas de chocs émotionnels ou physiques.
- Inflammation chronique : des études récentes évoquent des liens entre certains marqueurs inflammatoires sanguins et la survenue de troubles dépressifs persistants (Inserm).