Médicaments ou psychothérapie : deux approches complémentaires
La palette des soins s’appuie sur deux piliers principaux : les traitements médicamenteux et les interventions psychothérapeutiques. Chacun poursuit un objectif précis, avec ses atouts et ses limites.
Les médicaments : outils pour atténuer les symptômes aigus
- Antidépresseurs : Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et, dans certains cas, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNa) constituent le traitement de premier choix pour les troubles anxieux. Leur action s’inscrit dans la durée et cible principalement les symptômes de fond (tension interne, peur persistante, ruminations).
- Anxiolytiques (benzodiazépines) : Utilisés ponctuellement pour faire face à une crise aiguë ou à une montée d’angoisse insupportable. Ils apportent un soulagement rapide, mais présentent un risque de dépendance ; leur usage est donc limité dans le temps (généralement pas plus de deux à quatre semaines selon l’ANSM).
Il est notable que, d’après les chiffres de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (ameli.fr), en France, une prescription d’anxiolytiques concerne 1 adulte sur 5 chaque année. Cela illustre le recours massif à la solution médicamenteuse, parfois au détriment d’une prise en charge psychothérapeutique.
Psychothérapie : comprendre pour agir sur la durée
Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont recommandées en première intention par la Haute Autorité de Santé pour la plupart des troubles anxieux (HAS). Elles permettent, en une dizaine à une vingtaine de séances, d’apprendre à repérer et à modifier les processus de pensée anxieuse, à gérer les réactions de panique, à réduire l’évitement et le repli sur soi.
Dans certains cas (phobie sociale, TOC, agoraphobie), des dispositifs de groupe ou des prises en charge spécifiques sont proposés, avec un bénéfice durable sur la qualité de vie et la prévention des rechutes.